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La rue de la Pélisserie

Au temps des foires (XIVe et XVe siècles), cette rue était animée par le marché des cuirs et des peaux. Les pelletiers formaient l'un des corps de métier les plus riches de la ville.

Longue de quelque 120 m., avec une forte déclivité (la différence de niveau est de 20 m environ), la rue de la Pélisserie, autrefois bordée d'une vingtaine de maisons de chaque côté (voir plan Céard), assure la liaison entre la Grand-rue et la Rôtisserie, autrement dit entre l'ancien chemin de crête de l'oppidum gaulois et l'ancien chemin de rivage préhistorique et romain, axe de la basse ville médiévale avant l'extension sur le lac

C'est dans cette rue, au N° 18 (en aval de la chapelle de la Pélisserie), que se trouve l'immeuble dit de Pierre Fabri-Vernet (restauré entre 1979 et 1983), qui possède sur la Pélisserie une belle façade de style Louis XIV avec un escalier à vis du XVe siècle. Cet immeuble abrita la fameuse Société Économique qui administra, de 1798 à 1847, les biens publics de l'ancienne République de Genève pendant l'occupation française.

Cet immeuble porte des traces d'une époque antérieure à l'Escalade. A l'un de ses angles, profondément scellée, uné très forte boucle en fer forgé qui permettait d'engager le crochet d'une chaîne, témoigne d'un XVIe et d'un XVIIe siècles durant lesquels la sécurité nocturne était fortement compromise par des attaques. En effet, de telles chaînes barraient la plupart des artères de la ville pendant la nuit.

Sous la Restauration (selon recensement de1834), la rue de la Pélisserie prend un caractère nettement populaire. La «poussée aristocratique» qui se dessinait un siècle auparavant venant de la rue des Chanoines (devenue rue Calvin dès 1886) a presque complètement disparu. La partie inférieure surtout de la rue présente un entassement de population très important.

L'immeuble de rapport, occupant la parcelle sur laquelle est édifiée aujourd'hui la chapelle de la Pélisserie, comprenait 12 logements abritant 32 habitants.

Le plan Céard (1837) nous montre un tissu urbain dense avec d'étroites parcelles de type médiéval (de 6 à 7 mètres de largeur sur une trentaine de mètres de profondeur) perpendiculaires à la rue. Situation qui subsiste encore aujourd'hui dans la partie conservée de la rue.

 

Le milieu de la rue, entièrement détruit, n'est plus qu'une sorte de no man's land entre Haute-Ville et Basse-Ville ; le bas de la rue reconstruit au début du XXeme siècle, offre maintenant l'aspect d'un vide entre un bloc locatif et un cinéma.

La pente de la rue était régulière, ce qui n'est plus le cas depuis qu'elle a été entamée pour créer le parking de l'Alhambra (voir extrait du plan d'ensemble N° 51 de septembre 1989, ci-contre)

Plan Céard (1837)

La Chapelle de la Pélisserie est signalée par une surface tramée

 

La Pélisserie est donc une rue coupée en deux. La partie du bas a été mutilée par des démolitions massives afin d'y implanter l'espèce bien connue des tiges de parcomètres ! En revanche, dans la partie du haut proche de la Grand-rue, les immeubles restaurés dans le style de l'époque semblent bien repartis vers l'avenir, non plus avec des pelletiers, mais des antiquaires.

Extrait du plan d’ensemble N° 51 (1989)